Médecins du monde - Fuir la guerre

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Barakat Zendin Hassan est le chef d’une famille de 12 enfants. Pour emmener tout le monde, il a dû faire deux voyages. A Sinjar, Barakat cultivait l’oignon, la tomate, les aubergines et la pomme de terre. Il élevait un troupeau de 50 moutons. Aujourd’hui, impossible de travailler, « on peut partir d’un jour à l’autre. Je n’ai pas fait d’études mais je sais ce que sont les droits de l’homme. On veut juste vivre en paix. On veut nos droits. »
Hairan Khalifa a dû fuir sa maison avec toute sa famille à l’exception de deux cousins qui ont été tués et sa grand-mère dont elle est sans nouvelles. Comme tout le monde dans le camp, elle est « déplacée ». Psychologue de formation, elle travaille pour Médecins du Monde. Elle est très engagée auprès de ces gens dont elle partage la destinée. Mais elle ne se voit pas rester là longtemps. « J’espère un jour pouvoir quitter ce pays où nous n’avons plus d’avenir. »
Obed Khalaf était directeur d’école. Pour fuir les attaques de Daech en août dernier ; il embarque toute sa famille dans sa voiture. Daech les arrête. Ils s’enfuient en courant. « Ils nous ont tiré dessus. On a vu des morts sur tout le trajet.». A bout de force, son père s’arrête sur la route « Il a dit : continuez sans moi. On ne l’a plus revu. ».Obed espère l’ouverture rapide d’une école dans le camp. Il aimerait la diriger. « Il faut vite que les enfants retournent à l’école ! »   
Nazer Mahma est infirmier. Pour fuir l’attaque de Daech, il a mis toute sa famille dans la voiture et il est parti, sans rien emporter, sans se retourner. « Ça s’est joué à une heure près ». Ils ont fini le voyage à pied dans la montagne. « Il faisait 45°. On mourrait de soif.» Aujourd’hui,il tient la pharmacie dans l’équipe mobile de Médecins du Monde. « Dans l’équipe, il y a des musulmans, des chrétiens, des Yezidis. Tous déplacés comme moi. On se serre les coudes. »
Abdul Razak Hama est paysan. Il vivait autrefois de ses cultures et d’un peu d’élevage. Il y a 6 mois, son village a subi un bombardement aérien. Gravement blessé, après bien des souffrances et des péripéties, il a dû être amputé de la jambe gauche. Il est l’un des plus actifs et des plus concentrés dans son travail physique quotidien. « Dès que j’aurai ma prothèse, je vais rentrer chez moi et reprendre mon travail ».
Ahmed a 28 ans. Il est instituteur. « J’étais dans ma classe après les cours. J’ai à peine eu le temps de distinguer le bruit d’un avion dans le ciel. Un missile s’est abattu sur l’école. Ma mère qui était avec moi a été tuée.» Aujourd’hui il aimerait reprendre l’enseignement, et retrouver ses élèves. Mais il ne sait pas s’il va pouvoir retourner à Hama où il habitait, car l’armée de Bachar El Assad occupe maintenant la ville.
Moissa a 13 ans. Elle ne marchera plus jamais. « C’était il y a deux ans, à Idlib où je vivais avec ma famille.  Je rentrais à la maison après l’école. J’ai reçu une balle dans le dos.». La balle du sniper a sectionné la moelle épinière et malgré les efforts des médecins, il n’y a aucun espoir qu’elle récupère un jour l’usage de ses jambes. Elle est paralysée et seule, car ses parents n’ont pas eu sa chance...
Nour : Nour est un ouvrier du bâtiment. Il y a une douzaine de jours, son chantier a été bombardé par un avion. Dans sa fuite éperdue, il a marché sur une sous-munition qui a explosé. « J’aurais pu mourir. » Les médecins lui assurent aujourd’hui qu’il a deux chances sur trois de remarcher normalement. « Je ne suis pas un combattant, je suis un ouvrier. Mais cette guerre ne fait pas de différence » .

Fuir la guerre

QUATRE ans.

4 ans que la Syrie se consume dans une interminable guerre civile dont les feux gagnent l’Irak et jettent toujours plus de civils sur les routes. 4 ans que déplacés et réfugiés échouent par millions dans des camps et des abris de fortune pour échapper aux combats. 4 ans que leur horizon se borne à la violence. Et leur quotidien au plus grand dénuement.

Syrie

Quel recours pour les victimes du conflit syrien ? Mutilées, traumatisées, désemparées, elles trouvent dans le centre postopératoire de Reyhanli, à la frontière turque, un refuge où tenter de se reconstruire.

Syrie

Irak

Sous la menace de Daech, des populations yézidis, chrétiennes et musulmanes fuient à travers le Kurdistan irakien. Les équipes mobiles de Médecins du Monde sillonnent la province de Duhok pour leur venir en aide.

Irak

Jordanie & frontière syrienne

  • 9 Camps
  • 9 centres de santé
  • 8 cliniques mobiles
  • Santé primaire, soins post-opératoires, santé sexuelle & reproductive
TURQUIE SYRIE IRAK ARABIE SAOUDITE KOWEIT JORDANIE ISRAEL EGYPTE IRAN CHYPRE Beyrouth Damas Hama Lattaquié Idleb Alep Sinjar Duhok Erbil Kirkouk Bagdad Gaziantep Kobané Racca Amman Mossoul Homs Tabriz Teheran Bassora Jerusalem Gaza Le Caire Nicosie Isaphan Ramtha Zaatari El Qaa Kamed El Loz Shmestar Reyhanli Sirnak Amedi
president

“Sans état ni refuge”

par Dr. Thierry Brigaud, président de Médecins du Monde.

La guerre civile en Syrie s’enkyste en un redoutable huis clos, dans un contexte “d’acceptance” internationale. De nouvelles organisations extrémistes ajoutent de la haine à la haine, de l’horreur à l’horreur, et ont exporté la guerre en Irak, enflammant une région où désormais toutes sortes de revendications radicales semblent à l’ordre du jour.

Les mots ne suffisent plus pour décrire les atrocités subies par ces populations. Il faut pourtant continuer de porter secours. Nos équipes syriennes le font, sans cesse au quotidien depuis 4 ans avec un immense courage et dans un grand silence médiatique...

Aller plus loin

Irak

“Ils sont heureux quand
on pleure”

Turquie

Reyhanli : les coulisses
de la guerre

Communiqué de presse

4 ans de guerre dans l'indifférence

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